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  • : Ydéphes
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  • : 25/02/1976
  • : Ecrivain de science-fiction, de poésies et de chansons, j'ai écrit un premier roman de science-fiction. A tendance romantique. J'espère que vous me direz, ce que vous en pensez :)

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Vendredi 11 avril 2008

*

*    *

4

 

Nathalie Farrow n’était pas une Andralyenne qui s’embarrassait rapidement de l’image que les autres pouvaient avoir d’elle-même.

Mais c’était parce qu’elle accordait beaucoup d’importance et de temps à se voir à l’intérieur d’elle-même.

Elle était élégante, apprêtée pour plaire, et ses formes étaient harmonieuses.

Elle prit un café à contrecœur. Plus tard, elle aurait la tête serrée comme prisonnière d’un étau, dont la force se concentrerait sur l’avant. Elle avait revu Frédérique Hallen dans un club de billard. Il était devenu son amant. Il pesait quatre-vingt kilos (Mais ce n’était pas à cela qu’elle pensait.) et sa silhouette était celle d’un athlète des pays du nord. Son visage était recouvert d’une crème jaune, mais même avec cette espèce de masque, on pouvait aisément voir qu’il avait une bonne trentaine d’années. Il servait à mi-temps dans ce bar, et à part cela, il n’avait rien voulu lui dire, si ce n’est… C’était le noir presque complet. Elle prenait peur quand elle y pensait, et qu’elle se promenait seule sur Boulevard Street.

 

C’était un boulevard qu’on avait transformé en rue marchande, en souvenir de la guerre, sur l’autre terre. C’était aujourd’hui la rue la plus connue de Talaante. Dans cette ville, on n’aurait pu croire que les gratte-ciels représentaient des mats aux flammes célestes, lesquelles s’élevaient à la fois fortes et agiles, vers le seul horizon qui ait pu exister. Une cire très opaque se tenait au-dessus d’elle, comme la prophétie du seul avenir décent :

en effet, un rouge bordeaux encombrait le ciel depuis l’explosion et l’incandescence d’anciennes roches volcaniques souterraines, soulevées hors de la terre durant les séismes. Elles demeuraient en suspension dans l’air pour des raisons inconnues par les scientifiques. La pression n’était pas assez forte pour faire descendre les particules résultant de leur pulvérisation. Mais aucun vent ne semblait vouloir les déloger et les repousser vers l’autre partie du monde, que constituait Térha Novae.

En fait, cette Térha n’avait jamais connu ce phénomène.

Les croyants de l’autre Téhra, en grande majorité religieux, concevaient comme possible et plus que probable, l’existence d’une ceinture mystique, qui éclairerait ses sujets jusqu’aux confins du monde bien-pensant. Frédérique restait toujours évasif sur la question quand Nathalie la lui posait.

Il avait connu la déportation comme elle. Nathalie voulait revoir sa famille, et lui, il désirait voyager et quitter Téhra 1 dont l’atmosphère ne lui plaisait guère.

Leurs vie avaient changé en apparence : nouvelles habitudes de vie, nouveaux mœurs, mentalités beaucoup plus intenses et technologies moins présentes (essentiellement dû à la jeunesse de cette terre).

Les croyances étaient bien sûrs nettement plus intenses et sérieuses sur Téhra 2 que sur T. Novae. Cela ne comptait pas pour Frédérique et Nathalie, au contraire cela les rapprochait.

Ils s’étaient aperçus durant l'exil à Aile (le dernier des exils). Frédérique avait trente quatre ans et portait une toge de Lyzarael en guise de subterfuge, et se faisait nommer Christopher Daile, nom qu’il utilisait encore aujourd’hui quand il n’était pas au Complexe…

Elle avait trente-trois ans et était vendeuse de vêtements. Elle était née dans une famille religieuse non lyzaraelle. Ses parents n’entretenaient guère de rapports agréables et intelligents avec les autres membres de la famille, dont les croyances étaient si diversifiées qu’ils ne parvenaient pas à s’entendre, en particulier du côté de sa mère. L’univers de sa jeunesse avait été baigné par des chants religieux et des rituels. Elle ne recevait d’eux que la gratitude de les avoir écouter. Il est vrai qu’elle n’avait pris aucun parti, mais elle s’entendait avec certains d’entre eux, pour ce qui venait de leur individualité et non pas de leurs croyances. Durant ces dernières années, celles-ci avaient commencé à exhaler des accents nauséabonds de sagesse démesurée et exaltée. Elle fermait la bouche dans ces cas-là. Ces histoires, leurs histoires, terme qu’elle emplissait du bout de ses lèvres, pour les nommer intérieurement avec ironie, l’avaient touchées, blessées,

la retenant à l’écart de la lisière des sentiments, qu’elles espéraient vivre.

Frédérique lui avait fait part d’un futur possible. Le groupe New Art For Generation était né quelques années précédant les secousses qui avaient agité Téhra 2 et la fin de Vaydicanen. Il ressortait un art plutôt bourgeois. Aujourd’hui, ce groupe était devenu une organisation qui rassemblait des partisans, lesquels formaient la première force du contre-pouvoir Novae. En aucun cas, cela ne faisait de Frédérique un « Togé » ! Ce  furent les seuls mots échangés de leur rencontre à fleur d’oreilles, et elle ne savait guère plus de lui aujourd’hui…

 

Leurs itinéraires divergeaient, mais ils avait eu la chance de se revoir au Night 15/9, sorte de complexe commercial qui faisait à la fois la vente de technologies média virtuelles et louaient à l'heure, la possibilité de jouer au billard à 9 et à 15 billes.

Dans une atmosphère chargée d’une ambiance électrique, un feu écarlate sortait des lampes disposées le long des murs, comme des torches embrasées. Dans cette espèce de temple aux allures fantastiques, Nathalie aimait croire que si elle avait revu Frédérique, c’était là l’effet d’une intervention divine.

Elle reposa son blanc mousse sur le comptoir. Celui-ci était en imitation bois de merbau. Tandis que les murs en étaient partiellement recouverts.

Les glaces scintillaient et le regard de Frédérique ne savait plus quand il devait se poser sur les verres ou les quelques miroirs disposés ici et là, alors que la longue suite des verres avait affaibli sa conduite, dont la convenance préférait maintenant se tourner vers la paresse et l’oubli… « comme contenues », plaisanta Frédérique.

« Remets du bleu, ma belle », lança Frédérique. « Il se peut que tu n’en  aies pas assez dans ton verre à glaces fondues.

- Oui, mon vilain gros fromage », dit-elle en picorant un morceau.

« Attends ce soir, je vais te découper en rondelles », continua doucement Frédérique.

« Tu es doux mon chéri, comme une praline qui fond dans une chaleur brûlante !

- Je vais me refroidir et devenir encore plus tendre. », lui glissa-t-il dans l’oreille.

« Glisse-moi ça sous la langue. »

Ils s’embrassèrent.

« Prenons l’ascenseur. Tu viens ? »

Frédérique et Nathalie entrèrent à l’intérieur. Ils débouchèrent sur un corridor, dont le tapis de sol était troué et dont la peinture des fenêtres était toute craquelée. Ce corridor semblait hors d’usage et ne mener nul part. Au bout du corridor, il ne semblait n’y avoir qu’un mur, mais celui-ci avait été en réalité enlevé, pour céder sa place à un fac-similé, un mur holographique. Ils parcoururent un nouveau couloir apercevant successivement une bibliothèque et un café. C’est là qu’ils entrèrent pour s’asseoir à une table. Les mots suivants Venez voir votre Dieu, étaient lisibles dans les entailles griffées sur celle-ci. C’était une table de devin, reproduction de celles qu’utilisaient les devins d’une très ancienne époque sur Térha 2.

 

Le Complexe Exocet était d’abord un milieu qui rassemblait toutes les tendances portées à la révolte jusqu’aux plus révolutionnaires, né en réaction à la dictature de Novae. Nathalie avait décidé un jour de s’y rendre car Frédérique ne cherchait plus à y aller depuis quelque temps. Elle avait pu revoir la grande bibliothèque, et remarqua que comme les autres fois, un nombre restreint de personnes s’y tenaient, car l’endroit devait rester secret, donc discret. Elle reconnaissait l’écriteau poussoir sur le « mur du fond », sur lequel était inscrit : « Science ancienne. »

« Oh ! Nath ! Tu rêves ?

- Tu as vu ça ?

- C’est sans doute une reconstitution.

- Essaie-la.

- Pourquoi pas toi ?

- Tu sais bien que ce genre de machine me fait un peu peur. »

Elle se blottit dans ses longs bras et il voulut la serrer pour qu’elle ne s’en aille jamais. Leurs tenues blanches ne contrastaient pas ensemble, mais sa combinaison blanche, dont la fine veste était fleurie et d’un bleu azur, réduisait dans l’infinité qu’elle portait en elle, l’effet des impacts multicolores venant des gones, des machines holographiques qui reproduisaient certaines réalités historiques : comme l’ère sylphide c’est-à-dire une mythologie qui prenait son origine dans la croyance d’êtres existants dans l’air…, et l’ère métal qui lui succéda quelques centaines d’années plus tard, l’incorporant (jusqu’à l’oubli) comme les autres ères dans un état d’esprit dur, réaliste et industrialisé. Il s’agissait de l’ère précédente qui se prolongeait jusqu’aux dont je vous parle.

« Cette machine à images holographiques est nouvelle, donc je vais l’essayer. », dit Frédérique. 

Il poussa sa main sur une espèce d’écriteau (l’écriteau poussoir) qui attendait de recevoir sa main. Une pyramide inversée apparut. Une voix reposante sortit de la bouche magnétique et envoûtante de Delia, la statue holographique qui se tenait sur la base de la pyramide. Une voix sortit de son visage impassible : «  nous vous prions de rentrer une personne à la fois. » 

Un escalier menant à une pièce, se pixellisa en même temps que celle-ci, devant les yeux de Frédérique. Puis  ils se solidifièrent.

« Pour combien de temps ?

« Dix minutes Mr. », répondit Delia.

« Je ne suis pas sûr. »

Nathalie se mit à poétiser et sa voie était remplie de spiritualité.

« Automne, l’Eau tonne au-dessus des feuilles. Allez ! A l’aventure Frédérique ! »

Frédérique gravit les marches aussi régulièrement qu’une horloge. Le Complexe  était toujours surprenant, même pour un endurci comme lui. Il se rappelait que New Art For Generation, était d’abord un regroupement d’esprits contre les idées et théories reçues ainsi que contre les préjugés. Son rôle dans cette affaire, consistait sans doute à comprendre, cette chose qui se présentait à lui, comme un mystère. Il ouvrit une porte et s’assit dans un fauteuil, dont l’aspect rappelait le chrome métallique, quand il vit Delia. Elle portait une calotte argentée avec des émeraudes et des rubis de fine taille, mêlés à des cordons de perle… sur la base de sa tête, ainsi que sur ses lobes pariétaux.

« Nom ? Hallen.

Prénom ? Frédérique.

Profession ? Qu’est-ce que ça peut faire ? », affirma grossièrement Frédérique.

« Rien du tout, heureusement Mr Hallen. Couchez-vous sur le divan et fermez les yeux. Quels sont vos soucis actuellement ? »

Frédérique ressentit une excitation. Une coupure rouge sembla apparaître comme pour le dévisager. Son index saignait légèrement. Il remonta les yeux vers Delia qui dissimulait une inquiétude perceptible, derrière son sourire. Celui-ci n’était plus autant figé que précédemment, tandis que son nom lui apparaissait maintenant comme l’homologue féminin de Daile, aussi clairement qu’une chose qu’on lui aurait plaisamment dissimulée, puisqu’il s’agissait de son second prénom. Il reposa les yeux sur sa main. La plaie avait disparue ! « Ceci est dû au stress et à l’enthousiasme. C’est toujours comme ça quand je commence une nouvelle attraction de ce genre, se rappela Frédérique. »

« Si vous êtes venu à moi, Mr Hallen, c’est que vous avez des problèmes. Je suis là pour vous aider à les résoudre. »

Il décida de jouer le jeu sérieusement. Ça (cela) pouvait être une expérience épanouissante et il aimait bien de parler de son univers, mais d’abord, il demanda à mieux la connaître, pour se sentir plus à l’aise. Ainsi, il ne se laisserait pas influencer. Du moins, le croyait-il. Il pourrait aussi la tromper. Il se tenait assis sur une simple chaise et regardait Delia. Elle portait de petits tatouages, en forme de dragons, dont la couleur était  bleue et rouge sous son collier, et deux boucles d’oreille en étain, sous chacun de ses lobes, ce qui la différenciait nettement des Andralyennes du CYCLE 10.

«            Je ne me sens pas bien, très nerveux souvent… j’aime tout ce qui touche au monde intérieur, à l’imaginaire, aux perceptions, et je pense ou je crois que je n’arrive pas à le partager. J’aimerais bien savoir si vous éprouvez ce genre de chose, que ça soit…n’importe quoi !

- Je ne peux vous répondre, car c’est un mauvais procédé. Quels sont vos centres d’intérêt ?

- Escalade, billard. Peut-être pourrions-nous faire une partie après ? », plaisanta Frédérique.

« Non, parlons de vous.

- Ah oui, mais aimez-vous le billard ? », dit-il en riant.

« Vous pensez peut-être, entrer dans mes bonnes grâces en simulant ces deux centres d’intérêts, que je pourrais avoir en commun avec vous ? L’un à travers ma personnalité et l’autre par l’intermédiaire d’une passion commune ? C’est une possibilité.

- Soit », fit étonné Frédérique.

« Et vous pensez alors que je penserai à un transfert d’affection de votre part sur moi. Vous pensez me tromper, alors même que vous redoutez ce transfert d’affection ?

- Je n’en sais rien… et pourquoi pas !

- Mr Hallen, vous ne savez pas que vous êtes au profond de vous-mêmes contre moi, c’est-à-dire une inconnue… Vous voulez à la fois assouvir et retenir votre pulsion envers moi. Vous ne voulez pas que je le sache, encore moins que nous en parlions.

- Soit.

- C’est parce que vous n’êtes pas habitués à réfléchir de la sorte, pas même un peu. (Silence) Et maintenant ? Avez-vous…

- Peur, non. Je me sens en tord, pas coupable, pas humilié non plus..

- Bien. Continuez.

- J’ai souvent un sentiment de grandeur en moi. Mais hier, je marchais dans la rue, cette Andralyenne marchait encore plus vite que moi. Cependant, je n’avais aucune envie d’aller plus vite qu’elle. J’ai compris ensuite que j’avais senti la grandeur, et ce sans avoir besoin de la rattraper et de la dépasser.

- Ce sentiment ne vous affecte plus comme avant.

- Non, mais je considère qu’il y a peut-être en elle ou en vous de la grandeur, qu’elle ne peut s’empêcher de montrer, voir exprimer…

- Continuez.

- Cependant, je crois qu’il est possible de réduire nos sentiments, de les purifier en quelque sorte.

- Vous voulez perdre certains de vos sentiments Mr Hallen ? Donc, il ne s’agissait pas que de moi. Cependant, permettez-moi de vous dire que ce sont là des sentiments qui ne sont qu’au stade primaire, comprenez-moi : qui se développeront dans l’avenir.

- Sans doute. Je voulais ajouter que si j’avais comparé ma grandeur à la sienne, je l’aurais fait pour affirmer la mienne et en fin de compte j’aurais dévalorisé la sienne. »

Frédérique se détendit.

« En fait, je vivais la grandeur d’une vie qui a compris le besoin d’amour, comme une espèce de pré sérénité, d’avant bien-être. Je me sentais bien en tous cas !

- Vous voulez ajouter quelque chose ?

- Non.

- La séance est terminée. 4 téranes seront crédités de votre compte. »

Il revit Nathalie.

« Et alors ?

- Intéressant, mais je n’ai pas l’envie ou la force de te raconter cela. Tu poserais trop de questions !

- Ce que j’aime en toi, c’est ton caractère. »

par Ydéphes communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS publié dans : Roman Sci-Fi
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Commentaires

Wahou, faut s'accrocher!
commentaire n° : 1 posté par : undefined person. (site web) le: 13/04/2008 11:40:34

Merci pour ton passage :)

Stéphane

réponse de : Ydéphes (site web) le: 15/04/2008 00:28:11
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